Installée au cœur de l’une des premières puissances économiques mondiales, la diaspora ivoirienne en Chine s’impose progressivement comme un maillon important de la diplomatie économique de la Côte d’Ivoire. Dans une interview accordée le lundi 19 janvier 2026, le président de l’Association de la Diaspora Ivoirienne de Chine (ADIC), Dr Randolphe Géraud Kichiédou, a mis en lumière la contribution des Ivoiriens établis en Chine à l’attractivité économique du pays.
Docteur en agroéconomie, formé à l’Académie des Sciences Agricoles de Chine après un parcours universitaire à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny et à l’ESCAE, Dr Kichiédou réside en Chine depuis 2015. Ancien cadre du secteur bancaire, il préside depuis 2024 l’ADIC, une structure qui fédère étudiants, entrepreneurs, cadres et experts ivoiriens évoluant dans plusieurs domaines d’activité.
Évoquant la nomination d’Abou Dosso comme ambassadeur de la Côte d’Ivoire près la République populaire de Chine, il a salué une décision perçue positivement par la communauté ivoirienne. Selon lui, l’arrivée du diplomate ivoirien à Pékin intervient à un moment clé des relations sino-ivoiriennes et traduit la volonté des autorités de renforcer la diplomatie économique et la présence institutionnelle de la Côte d’Ivoire en Chine.
Pour le président de l’ADIC, la diaspora ivoirienne constitue un réservoir de compétences capables d’accompagner les ambitions de développement du pays. Grâce à leur connaissance du marché chinois, des pratiques locales et des réalités culturelles, les Ivoiriens établis en Chine jouent un rôle de passerelle entre les investisseurs asiatiques et les opportunités ivoiriennes, notamment dans l’agriculture, le commerce, les technologies, l’industrie, la santé et la formation.
Il estime que la collaboration entre la représentation diplomatique et une diaspora organisée permettrait de mieux structurer les initiatives économiques, académiques et culturelles. La mise en place de cadres de concertation réguliers favoriserait la circulation de l’information, l’identification d’opportunités et la création de synergies au bénéfice des deux pays.
Abordant les préoccupations de la communauté ivoirienne, Dr Kichiédou souligne que, au-delà des questions administratives et consulaires, les Ivoiriens de Chine aspirent à un dialogue constant avec les autorités diplomatiques. Cette interaction contribuerait à valoriser les compétences disponibles, à renforcer la cohésion communautaire et à améliorer l’efficacité des actions menées en faveur des intérêts ivoiriens.
Il rappelle également les contraintes auxquelles font face les Ivoiriens installés en Chine, notamment la rigueur des cadres réglementaires, les barrières linguistiques et culturelles, ainsi que la pression académique et professionnelle. Dans ce contexte, l’ADIC s’emploie à informer, orienter et accompagner ses membres, tout en œuvrant à une intégration responsable et respectueuse des lois locales, en lien avec les services diplomatiques.
Sur le plan économique, le président de l’ADIC indique que de nombreux entrepreneurs ivoiriens sont établis dans le sud de la Chine, en particulier à Guangzhou, où l’action du Consulat général de Côte d’Ivoire est saluée par la communauté. Il estime que le nouvel ambassadeur pourra renforcer la visibilité de ces initiatives, faciliter les projets d’investissement et encourager les partenariats entre opérateurs économiques ivoiriens et chinois.
À travers sa participation à des événements internationaux majeurs tels que le China International Import Expo ou le Forum sur la Coopération sino-africaine, l’ADIC entend continuer à promouvoir l’image d’une Côte d’Ivoire stable, dynamique et ouverte aux investissements. Pour Dr Kichiédou, cette phase actuelle des relations sino-ivoiriennes marque une évolution vers un partenariat plus stratégique, dans lequel la diaspora est appelée à jouer un rôle structurant au service du développement et de la coopération bilatérale.
Mathias Zinsou

