
Le feuilleton électoral né des législatives du 27 décembre 2025 connaît un nouveau rebondissement. Saisi de 61 recours à l’échelle nationale, le Conseil constitutionnel a tranché : seules deux circonscriptions verront leur scrutin repris. Il s’agit de Toumodi commune et de Dualla, dans la commune et la sous-préfecture de Massala, département de Séguéla. Une décision lourde de conséquences politiques, notamment à Toumodi, où le verdict est largement commenté.
Dans cette localité du centre du pays, l’annulation découle d’un contentieux électoral introduit par Raymonde Goudou Coffie, candidate du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix. Après analyse des pièces versées au dossier, la juridiction constitutionnelle a estimé que des irrégularités suffisamment graves avaient entaché le déroulement du vote dans plusieurs bureaux, rendant les résultats contestables. Certaines localités rurales, dont Zahakro, ont particulièrement retenu l’attention des juges.
À l’annonce de la décision, officialisée le vendredi 9 janvier 2026, Toumodi est entrée dans une phase d’intense effervescence. Dans les quartiers comme au marché central, la nouvelle s’est répandue rapidement, suscitant débats et commentaires. Pour de nombreux habitants, cette reprise du scrutin sonne comme une seconde chance donnée aux électeurs de s’exprimer dans un cadre jugé plus équitable.
« Cette fois, il faudra que tout se passe dans la transparence », estime Romain Yao, chauffeur de taxi, rencontré au carrefour principal de la ville. « Beaucoup de choses nous avaient surpris le jour du vote. Reprendre les élections, c’est permettre à chacun de voter sans pression ni manœuvre », ajoute-t-il. Un sentiment partagé par Christelle Kouamé, commerçante, qui voit dans cette décision « une opportunité de réconcilier les populations avec le processus électoral ». Selon elle, « recommencer quand il y a un doute, c’est renforcer la démocratie, pas la fragiliser ».
Pour l’administration électorale, ce retour aux urnes représente désormais un défi organisationnel majeur. Il s’agira d’assurer un scrutin apaisé, sécurisé et irréprochable, aussi bien à Toumodi qu’à Dualla, afin d’éviter toute nouvelle contestation. Les autorités locales sont appelées à renforcer la sensibilisation et la vigilance autour du processus.
Au-delà de ces deux circonscriptions, la décision du Conseil constitutionnel est perçue comme un signal clair : les irrégularités électorales, lorsqu’elles sont avérées, peuvent conduire à une remise en cause des résultats. À Toumodi, l’attente est désormais tournée vers la nouvelle échéance électorale, dans un climat mêlant prudence, espoir et forte mobilisation citoyenne.
Estelle Mintanie
