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 La question de la sécurité des produits cosmétiques s'invite au cœur du débat public. Face à la presse, mardi 21 juillet 2026, le président du Centre d'Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d'Ivoire (CEMC-CI), Marcellin Doh, a lancé un appel pressant aux autorités ivoiriennes pour renforcer la régulation du secteur. Au centre de ses préoccupations : 2 639 produits qualifiés de dangereux ou à haut risque, dont il réclame la publication de la liste afin de mieux protéger les consommateurs.

Animant une conférence de presse au siège du CEMC-CI à Songon-Bimbresso, autour du thème « La protection de la santé publique face aux défis de la régulation des produits cosmétiques et produits d'hygiène corporelle en Côte d'Ivoire », Marcellin Doh a exprimé ses préoccupations quant à la circulation de produits susceptibles de présenter un risque sanitaire.

« L'AIRP nous a notifié qu'il existe 2 639 produits dangereux, donc à haut risque. Jusqu'à ce jour, cette publication n'a jamais été faite. Nous disons non. Le rôle des institutions est de protéger les citoyens ivoiriens », a-t-il déclaré.

Selon lui, la priorité doit demeurer la protection des consommateurs, particulièrement des femmes, principales utilisatrices de produits cosmétiques.

Le président du CEMC-CI estime que les consommateurs ont droit à une information claire sur les produits commercialisés en Côte d'Ivoire. Il souhaite notamment la publication régulière des listes de produits conformes et non conformes ainsi que des résultats des contrôles effectués.

L'organisation demande également que soient rendus publics le nombre d'inspections réalisées, les produits retirés du marché, les sanctions prononcées et les mesures prises contre les contrevenants.

« La santé publique n'est pas négociable. Nous demandons que la lumière soit faite sur le fonctionnement de l'AIRP et la création d'un comité de régulation du secteur cosmétique », a insisté Marcellin Doh.

Le responsable de l'ONG a rappelé que plusieurs structures disposent déjà de compétences en matière de contrôle, notamment l'AIRP, la Police sanitaire, la Direction de la qualité et de la répression des fraudes du ministère du Commerce ainsi que Codinorm.

Pour lui, malgré l'existence de ces organismes, la persistance de produits potentiellement dangereux sur le marché soulève des interrogations.

Le CEMC-CI affirme avoir saisi plusieurs institutions, dont la Présidence de la République, la Primature, le ministère de la Santé, le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, le Conseil national des droits de l'Homme ainsi que l'Association des Femmes Juristes de Côte d'Ivoire.

Parmi les principales recommandations formulées figure la création d'un Comité national d'évaluation, de contrôle et de régulation des produits cosmétiques et des produits d'hygiène corporelle. Cette structure réunirait les administrations concernées, les organisations de consommateurs, la société civile, les industriels et des experts scientifiques.

« Nous invitons le ministre de la Santé, Madame la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant ainsi que les organisations de défense des droits de l'Homme à soutenir cette démarche. Il est de notre devoir d'obtenir davantage de clarté pour protéger les consommateurs », a conclu Marcellin Doh, réaffirmant que son combat vise exclusivement la défense de la santé publique.

 

Estelle Mintanie