
À l’Assemblée nationale, un nouveau cap semble se dessiner en matière de politique économique. Le projet de loi consacré à l’économie sociale et solidaire, soutenu par le président Alassane Ouattara, ne se limite pas à un simple ajustement législatif : il traduit une volonté affirmée de repenser les bases du développement en Côte d’Ivoire.
Longtemps relégué au second plan, ce modèle économique fondé sur la solidarité, la coopération et l’utilité sociale gagne aujourd’hui en reconnaissance. Devant les députés, la ministre Belmonde Dogo a insisté sur la nécessité de structurer ce secteur afin de lui donner toute sa place dans l’économie nationale. Elle a notamment mis en avant le rôle essentiel de ces initiatives dans le tissu social, particulièrement dans les zones vulnérables.
Les échanges parlementaires ont rapidement pris une dimension politique plus large. Au-delà des aspects juridiques, les discussions ont porté sur des enjeux fondamentaux tels que l’équité, l’accès aux opportunités et la réduction des inégalités. Pour certains élus, à l’image du député Awassa Abdoul Racid, ce texte incarne une orientation stratégique visant à replacer l’humain au centre des politiques publiques.
Le projet prévoit ainsi de mieux encadrer les structures relevant de l’économie sociale et solidaire — coopératives, associations ou entreprises à vocation sociale — tout en leur offrant un cadre favorable à leur développement. L’ambition est double : renforcer leur crédibilité et leur efficacité, sans compromettre leurs valeurs fondatrices.
Pour accompagner cette dynamique, plusieurs mesures sont envisagées, notamment des avantages fiscaux et une meilleure intégration de ces acteurs dans les circuits économiques, y compris à travers l’accès aux marchés publics. Ces dispositifs devraient contribuer à amplifier leur impact sur le terrain.
Au final, cette initiative marque une étape importante dans la stratégie de développement du pays. Elle reflète une ambition claire : bâtir une économie plus inclusive, capable de concilier performance et solidarité, et de répondre aux aspirations d’une population en quête de progrès partagé.
Mathias Zinsou
