L’orpaillage illégal prend une ampleur qui inquiète le député de la Nation Houra Marc. Dans une déclaration, l’élu appelle les autorités à revoir leur approche face à un phénomène qui, selon lui, ne peut plus être considéré comme une simple activité clandestine menée par des individus isolés.
Pour Houra Marc, le problème s’est progressivement transformé en une véritable économie parallèle. Des milliers de personnes vivent aujourd’hui de l’exploitation artisanale de l’or, tandis que des réseaux assurent le financement, l’approvisionnement et la commercialisation du métal extrait en dehors des circuits officiels.
Le député s’appuie notamment sur le nombre de sites clandestins recensés dans le pays. Selon les chiffres qu’il avance, plus de 1 600 sites seraient actuellement actifs, contre 801 en 2023. Une progression qui, à ses yeux, montre que les opérations de répression, malgré les résultats obtenus, ne permettent pas encore de freiner durablement le phénomène.
L’élu estime surtout qu’il faut s’intéresser à ceux qui se trouvent derrière les exploitations. « Il faut aller au-delà des sites », défend-il en substance, appelant à identifier les personnes qui financent les activités clandestines, organisent la collecte de l’or et alimentent les circuits de commercialisation.
Mais Houra Marc reconnaît également que la réalité économique des populations concernées ne peut être ignorée. Dans plusieurs zones rurales, l’orpaillage constitue une source de revenus pour des jeunes et des familles qui disposent de peu d’alternatives. La réponse de l’État doit donc, selon lui, associer fermeté et solutions concrètes.
Le député propose notamment de renforcer les programmes de formation, de favoriser la reconversion vers l’agriculture et de soutenir des activités génératrices de revenus. Sans ces alternatives, prévient-il, les opérations de déguerpissement risquent de simplement déplacer les exploitants d’un site à un autre.
Les conséquences environnementales sont également au cœur de ses préoccupations. L’exploitation anarchique des terres, la pollution des cours d’eau et l’utilisation de produits chimiques dangereux menacent les ressources naturelles et les populations riveraines. Pour Houra Marc, la restauration des espaces dégradés doit désormais accompagner les actions de lutte.
Le phénomène présente aussi, selon lui, un risque sécuritaire. La présence d’armes et d’explosifs sur certains sites ainsi que les circuits clandestins qui traversent les frontières donnent à l’orpaillage une dimension régionale. Le député plaide ainsi pour une coopération renforcée avec les pays voisins afin de mieux contrôler les mouvements de l’or et de démanteler les réseaux transfrontaliers.
Houra Marc souhaite par ailleurs que les chefs traditionnels et les communautés locales soient davantage associés à la lutte. Leur connaissance du terrain peut, selon lui, contribuer à détecter plus rapidement les installations clandestines et à prévenir leur implantation.
À travers sa déclaration, le député invite donc à sortir d’une logique limitée à la fermeture des sites. Il préconise une stratégie qui combine sécurité, justice, développement rural, protection de l’environnement et contrôle du commerce de l’or.
Pour Houra Marc, l’enjeu dépasse finalement la seule question minière. Il s’agit de protéger les terres, les ressources en eau et les richesses naturelles du pays, tout en garantissant que l’exploitation de l’or profite davantage à l’économie nationale.
Le député appelle ainsi à une mobilisation durable contre un phénomène qu’il considère désormais comme un enjeu majeur pour la souveraineté et l’avenir des communautés rurales ivoiriennes.
Estelle Mintanie
