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Que sont devenus les 2 639 produits déclarés à risque ? C’est la question que posent désormais les organisations de la société civile après l’annonce des résultats de la campagne nationale menée dans les secteurs des médicaments traditionnels, des produits cosmétiques et des compléments alimentaires.

L’ONG CEMC-CI et le Collectif des ONG de lutte contre la dépigmentation artificielle et les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle non conformes demandent aux autorités de sortir du flou. Dans une déclaration publiée lundi 7 septembre 2026, ils réclament notamment la publication des résultats de la campagne et l’identification des produits considérés comme dangereux ou non conformes.

L’AIRP doit organiser, le 16 septembre à l’Institut national de santé publique (INSP), une séance consacrée à la présentation des résultats et à l’accompagnement des opérateurs vers la conformité. Pour les ONG, cette démarche peut avoir son utilité, mais elle ne saurait constituer une réponse suffisante lorsque la santé des consommateurs est potentiellement en jeu.

Le Collectif estime que les citoyens ont le droit de connaître les produits concernés par les alertes issues de la campagne. Il demande donc que soient rendues publiques les informations permettant de distinguer les produits dangereux, ceux qui sont simplement non conformes et ceux qui présentent un risque pour la santé.

La principale inquiétude concerne désormais la présence éventuelle de ces produits sur le marché. Les ONG souhaitent que ceux dont la dangerosité ou la non-conformité est officiellement établie soient retirés de la circulation. Elles demandent aux services compétents du ministère du Commerce ainsi qu’à la police sanitaire de prendre les dispositions nécessaires.

La déclaration met également en cause la gestion du dossier par les autorités de régulation. Le Premier ministre et le Conseil de régulation de l’AIRP sont invités à examiner la situation et à établir les responsabilités en cas de manquements graves.

Le directeur général de l’agence, Dr Assane Coulibaly, est particulièrement visé par cette demande. Le Collectif estime que sa démission devrait être envisagée si des manquements graves dans l’exercice de ses fonctions étaient établis.

Les ONG interpellent aussi directement le ministère de la Santé. Elles lui demandent de faire de la sécurité sanitaire une priorité et de ne pas laisser subsister sur le marché des produits dont les risques auraient été établis.

Le ministère du Commerce est appelé à renforcer les actions de retrait, tandis que le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant est invité à accorder une attention particulière aux femmes et aux enfants, que les organisations considèrent comme particulièrement exposés à certains produits cosmétiques et de santé non conformes.

Pour le Collectif, l’enjeu n’est donc plus uniquement de mettre les opérateurs en conformité. Il s’agit aussi de savoir si les consommateurs sont suffisamment protégés et informés.

Alors que l’AIRP privilégie l’accompagnement des opérateurs, les ONG réclament, elles, des actes. Publication des résultats, identification des produits concernés, retrait du marché lorsque le risque est établi et clarification des responsabilités : leurs exigences sont désormais clairement posées.

« La santé publique ne peut faire l’objet d’aucun compromis », rappellent-elles.

 

Estelle Mintanie