Le contrôle des produits cosmétiques commercialisés en Côte d’Ivoire revient au centre des préoccupations. Une organisation de la société civile vient de demander au gouvernement de renforcer la surveillance du secteur après avoir évoqué l’existence de milliers de références présentant des niveaux de risque jugés préoccupants.
Dans une lettre adressée le 17 août au Premier ministre Robert Beugré Mambé, le président du Centre d’Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d’Ivoire, Marcellin Doh, sollicite une intervention des pouvoirs publics. Son organisation affirme que des données communiquées par l’Autorité ivoirienne de Régulation Pharmaceutique font état de 11 849 produits cosmétiques recensés auprès de 1 140 opérateurs.
Le chiffre qui retient particulièrement l’attention est celui des produits classés à risque élevé : 2 639 références seraient concernées.
Face à cette situation, l’organisation veut davantage de transparence. Elle demande notamment que les produits concernés soient clairement identifiés à travers la publication d’une liste officielle. L’objectif affiché est de permettre aux consommateurs, mais également aux acteurs du secteur, de connaître les références faisant l’objet d’un signalement.
La question du retrait est également posée. Les produits présentant un risque avéré devraient, selon l’organisation, être retirés conformément aux dispositions en vigueur. Elle demande parallèlement que les mesures prises à l’encontre des opérateurs concernés soient communiquées.
Au-delà de ces demandes, Marcellin Doh appelle à intensifier les contrôles sur le terrain. Il souhaite également l’ouverture d’une concertation entre les ministères et institutions concernés afin de définir une réponse coordonnée à la question de la sécurité des cosmétiques.
La lettre a été portée à la connaissance de plusieurs autres autorités par voie d’ampliation. Le ministère de la Santé, celui de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le ministère du Commerce et de l’Industrie, le Conseil de Régulation de l’AIRP, le Conseil national des droits de l’homme, le Laboratoire national de santé publique et l’Assemblée nationale en ont notamment été destinataires.
La Fédération des associations de consommateurs actifs de Côte d’Ivoire a également reçu copie du courrier.
Pour l’organisation, l’enjeu dépasse donc la seule question de quelques produits. Il s’agit de renforcer le dispositif de contrôle et de faire en sorte que les consommateurs puissent être informés suffisamment tôt lorsqu’un risque est identifié.
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes. La publication de la liste annoncée, les éventuels retraits et les contrôles à venir permettront de mesurer la réponse apportée à cette alerte.
Estelle Mintanie
