
À Gbona, dans la sous-préfecture de Séguéla, l’installation du nouveau président de la Mutuelle pour le développement de Gbona (MUDEG) n’a pas été une simple cérémonie protocolaire. Derrière les discours et les honneurs, les populations ont surtout saisi l’occasion pour rappeler une réalité : le village a encore de nombreux défis à relever.
Coulibaly Mekono est désormais officiellement aux commandes de la MUDEG. Il a été installé le dimanche 30 août 2026 au cours d’une cérémonie qui a réuni autorités administratives et traditionnelles, élus, cadres et habitants du village. Un moment placé sous le signe de l’unité, mais surtout tourné vers les projets que la communauté espère voir se concrétiser.
L’un des gestes les plus marquants de la journée a été l’inauguration d’un forage hydraulique offert par le maire de Daloa, Gbeuly Stéphane Auguste, parrain de la cérémonie. Absent du fait d’un déplacement en France, il était représenté par le sénateur du Haut-Sassandra, Koné Boubacar.
Pour les populations, ce forage arrive comme une bouffée d’air. L’accès à l’eau reste en effet une préoccupation quotidienne, notamment pour les femmes, qui n’ont pas manqué de saluer cette réalisation. Mais elles ont aussi profité de la tribune pour rappeler que beaucoup reste à faire.
Routes en mauvais état, manque de matériel agricole, difficultés à écouler les productions locales, maternité inachevée… Les doléances sont nombreuses. Les femmes réclament également des mécanismes de microcrédit pour développer leurs activités, davantage de moyens pour moderniser l’agriculture et la poterie, un marché de proximité et de meilleures conditions pour la scolarisation des jeunes filles.
Au milieu de ces attentes, Coulibaly Mekono veut installer une nouvelle manière de travailler. Dans son premier discours en tant que président de la MUDEG, il a remercié ceux qui lui ont accordé leur confiance avant d’appeler les fils et filles de Gbona à se mobiliser.
Pour lui, il n’est plus question de repousser les projets à plus tard. Le développement du village doit commencer dès maintenant et nécessitera l’implication de tous.
La nouvelle équipe a déjà dressé une liste de priorités. L’achèvement de la maternité figure en bonne place, tout comme la construction d’un château d’eau et d’un foyer de jeunes. L’amélioration de l’école, la réhabilitation des voies d’accès, l’achèvement de la grande mosquée, la modernisation de l’agriculture, la protection de l’environnement et l’autonomisation économique des femmes sont également annoncés.
Représentant le maire de Daloa, le sénateur Koné Boubacar a, lui aussi, insisté sur le rôle des cadres dans cette dynamique. Il les a invités à se rapprocher davantage de leurs villages d’origine et à mettre leurs moyens et leurs compétences au service du développement local.
Son message était également destiné à la jeunesse. Il l’a exhortée à privilégier le travail et à se détourner de l’oisiveté, de la drogue, du vol et des querelles qui, selon lui, ne peuvent que compromettre son avenir. Le sénateur a annoncé son intention de revenir à Gbona avec Coulibaly Mekono pour travailler sur des projets en faveur des jeunes et porter les préoccupations des femmes auprès des autorités compétentes.
Le sous-préfet de Gbona, Koné Boubacar, représentant le préfet de Séguéla, a de son côté fixé un cadre à la nouvelle équipe. Il a notamment demandé à la MUDEG de rester en dehors des batailles politiques, de préserver de bonnes relations avec le chef du village et de maintenir l’entente entre les cadres.
Pour l’autorité administrative, la mutuelle doit rester l’affaire de tous. Son rôle est de rassembler les énergies autour du développement du village, et non de devenir un espace de division.
La mobilisation a également été soutenue par un geste concret. Diomandé Sinaly Sinali, directeur administratif et financier et fils du village par sa mère, a remis une contribution personnelle de 500 000 francs CFA à la MUDEG.
À Gbona, le décor est donc planté. Le nouveau président arrive avec une feuille de route chargée et des populations qui attendent désormais des résultats. L’eau, la santé, les routes, l’école, l’agriculture et l’emploi des jeunes sont au cœur des préoccupations. Reste à transformer les engagements pris lors de cette cérémonie en réalisations visibles sur le terrain.
Correspondant regional Medoune N'diaye
