
Cinq ans après son lancement, l’Initiative pour le développement mondial portée par la Chine entend s’imposer comme un cadre de coopération destiné à replacer le développement au centre des priorités internationales. Présentée par le président chinois Xi Jinping le 21 septembre 2021, lors du débat général de la 76ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, cette initiative mise sur une coopération plus étroite entre les pays, avec une attention particulière accordée aux économies en développement.
Depuis son lancement, le projet a progressivement dépassé le stade des déclarations de principe. Selon les données communiquées par la Chine, plus de 130 pays et organisations internationales soutiennent aujourd’hui l’initiative et prennent part aux différents mécanismes de coopération. Près d’une centaine de pays ont également signé des documents de coopération avec Pékin, tandis que le Groupe des amis de l’Initiative pour le développement mondial compte désormais 88 pays.
L’approche chinoise repose sur une idée simple : le développement doit rester une priorité, notamment dans un contexte international marqué par les crises, les tensions géopolitiques et les difficultés économiques. La réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, la transition écologique, l’industrialisation, le numérique ou encore les infrastructures figurent ainsi parmi les principaux domaines retenus.
À travers des mécanismes de financement et de coopération avec les Nations unies et les pays du Sud, la Chine affirme avoir mobilisé plus de 23 milliards de dollars et soutenu plus de 1 800 projets. Ces programmes auraient également permis de former plus de 200 000 personnes et de bénéficier à plus de 120 pays.
L’Afrique occupe une place particulière dans cette stratégie. Pour Pékin, les priorités de l’Initiative pour le développement mondial rejoignent largement celles du continent, notamment les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette convergence a été mise en avant lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, en septembre 2024, avec la publication d’une déclaration commune consacrée au renforcement de la coopération dans le cadre de l’initiative.
Les relations économiques entre la Chine et l’Afrique illustrent également cette volonté d’approfondissement. Le commerce entre les deux parties est passé, selon les chiffres chinois, d’environ 300 milliards de dollars en 2024 à près de 350 milliards de dollars en 2025. Pékin veut désormais faciliter davantage l’accès des produits africains à son marché.
Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique ainsi un traitement tarifaire zéro aux importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Pour les autorités chinoises, cette mesure doit permettre aux produits agricoles, industriels et aux spécialités locales africaines de trouver plus facilement leur place sur le marché chinois. Elle constitue aussi, selon Pékin, un moyen de donner davantage de perspectives aux économies africaines.
La coopération ne se limite cependant pas aux échanges commerciaux. L’année 2026 a été placée sous le signe des échanges humains et culturels entre la Chine et l’Afrique. Plus de 600 activités étaient annoncées à l’échelle du continent. Près de 500 avaient déjà été organisées au cours du premier semestre, témoignant de l’importance accordée par les deux parties aux relations entre les peuples.
La Côte d’Ivoire s’inscrit elle aussi dans cette dynamique. Abidjan soutient l’Initiative pour le développement mondial et participe à l’Alliance mondiale de partenariat pour la réduction de la pauvreté et le développement. La coopération avec la Chine porte notamment sur le partage d’expériences en matière de gouvernance, de lutte contre la pauvreté et de modernisation, mais aussi sur la réalisation de projets issus des accords conclus entre les deux pays.
L’année 2026 constitue, à cet égard, une période particulière pour les deux partenaires. Elle correspond au lancement du 15ᵉ Plan quinquennal chinois et à la mise en œuvre du Plan national de développement 2026-2030 de la Côte d’Ivoire. Pour Pékin, cette convergence offre une occasion de rapprocher davantage les stratégies de développement des deux pays et de rechercher de nouvelles possibilités de coopération.
Au-delà des chiffres et des projets, l’enjeu défendu par la Chine est aussi celui d’une nouvelle approche des relations internationales. Dans un monde confronté aux crises économiques, aux tensions et aux inégalités de développement, Pékin estime que les réponses doivent davantage passer par la coopération, le multilatéralisme et la recherche d’intérêts communs.
À l’occasion du cinquième anniversaire de l’Initiative pour le développement mondial, l’ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire, Wu Jie, estime ainsi que son pays continuera à renforcer ses partenariats avec les pays en développement, notamment en Afrique. L’objectif affiché est de contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 et de faire du développement partagé un levier de stabilité et de prospérité.
Pour la Chine, le message reste donc le même : son propre développement ne peut être durable s’il ne s’accompagne pas d’une dynamique de croissance et de progrès dans les autres régions du monde. C’est sur cette vision que Pékin entend poursuivre la mise en œuvre de l’Initiative pour le développement mondial et renforcer, dans les années à venir, ses partenariats avec l’Afrique et particulièrement avec la Côte d’Ivoire.
Une Tribune de Wu Jie, Ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire — 21 août 2026.
Gwladys Kouamé
