Le Syndicat national agricole pour le progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) poursuit sa mobilisation dans les zones de production cacaoyère. En tournée dans le Haut-Sassandra, son président, Koné Moussa, a rencontré, jeudi 24 septembre 2026, les producteurs de Bandiahi, dans la sous-préfecture de Bédiala, pour les exhorter à maintenir la grève entamée le 16 septembre. Au cœur des revendications figurent le prix d'achat du cacao et la gouvernance de la filière.
Après les régions de la Marahoué et du Guémon, le président du SYNAP-CI a fait étape à Bédiala, dans le cadre de sa tournée nationale lancée le 21 septembre. Face aux producteurs réunis à Bandiahi, il s'est félicité de leur mobilisation et les a encouragés à ne pas relâcher la pression jusqu'à l'obtention de réponses à leurs revendications.
Selon Koné Moussa, le mouvement de grève commence déjà à produire des effets sur la commercialisation du cacao. Il en veut pour preuve la faible présence de fèves dans les ports d'Abidjan, une situation qu'il attribue à la mobilisation des planteurs.
« Le mouvement commence à produire des effets », a-t-il déclaré devant les producteurs.
Le SYNAP-CI dénonce notamment les mécanismes actuels de commercialisation du cacao, qu'il juge défavorables aux planteurs. Pour le syndicat, le prix de 1 200 FCFA le kilogramme évoqué ne permet pas aux producteurs de tirer un revenu décent de leur travail.
Koné Moussa a également soulevé la question des contrats conclus à des prix supérieurs, alors que certains acheteurs ne disposeraient pas, selon lui, des liquidités nécessaires pour honorer leurs engagements.
Au-delà de la question du prix, le syndicat remet en cause la gestion de la filière par le Conseil du Café-Cacao. Il réclame un changement à la tête de cette structure ainsi qu'une meilleure redistribution des revenus issus de la commercialisation du cacao. Le président du SYNAP-CI a notamment évoqué les exemples du Ghana et de la Guinée pour appuyer ses revendications.
Conscient des interprétations politiques que pourrait susciter ce mouvement, Koné Moussa a tenu à clarifier la position de son organisation. Il a insisté sur le caractère apolitique du syndicat, affirmant que la grève vise exclusivement à défendre les intérêts des producteurs.
« Notre syndicat est apolitique. Nous, nous sommes dans le cacao », a-t-il martelé, tout en mettant en garde contre toute tentative de récupération politique du mouvement.
Il a également précisé que cette mobilisation n'était pas dirigée contre le régime du président Alassane Ouattara, mais qu'elle avait pour objectif d'obtenir de meilleures conditions de vie et de travail pour les planteurs.
À Bandiahi, les producteurs ont exprimé leur soutien au mouvement. Leur porte-parole, Tra Honoré, a rappelé le rôle essentiel des planteurs dans l'économie nationale, tout en dénonçant les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
« Nous sommes des ouvriers. Grâce à nous, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao », a-t-il déclaré.
Abondant dans le sens du président du SYNAP-CI, Tra Honoré a réclamé, à son tour, le départ des responsables du Conseil du Café-Cacao, qu'il tient pour responsables des difficultés rencontrées par les producteurs.
Au terme de cette rencontre, les planteurs de Bédiala ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la grève. Ils entendent maintenir la mobilisation jusqu'à ce que leurs préoccupations relatives au prix du cacao et à la gestion de la filière trouvent des réponses.
Israël Kouamé, correspondant régional
