
La défense de Blaise Lasm entend faire du respect des délais judiciaires un argument décisif dans la procédure engagée contre son client. À l'audience du lundi 2 novembre 2026, au Tribunal correctionnel d'Abidjan-Plateau, ses avocats ont demandé sa mise en liberté d'office, dénonçant un dépassement des délais légaux de comparution.
Détenu depuis le 30 septembre 2025, le cadre du PPA-CI, présenté comme un proche de Laurent Gbagbo, comparaissait devant la Chambre anti-terroriste aux côtés de Dahi Nestor. Les deux prévenus étaient initialement poursuivis pour plusieurs infractions, notamment atteinte à la sûreté de l'État, appel à l'insurrection et atteinte à l'autorité de l'État. À l'ouverture des débats, les faits ont finalement été requalifiés en troubles à l'ordre public, complot contre l'autorité de l'État non suivi d'effet et appel à l'insurrection.
C'est sur le terrain de la procédure que Me Serikpa Aka a choisi de porter la contestation. L'avocat de Blaise Lasm estime que les dispositions des articles 175 et 214 du Code de procédure pénale n'ont pas été observées. Ces textes fixent notamment les délais de transmission de l'ordonnance de renvoi et de comparution d'un prévenu devant la juridiction correctionnelle.
Pour étayer sa demande, la défense s'est appuyée sur les dates figurant dans le dossier. L'ordonnance définitive de renvoi a été signée le 7 septembre 2026, signifiée le 8 septembre et transmise au parquet le 14 septembre. À partir de cette dernière date, le délai d'un mois prévu pour la comparution expirait, selon l'avocat, le 14 octobre. Or, Blaise Lasm n'a été présenté devant le tribunal que le 19 octobre, soit cinq jours après cette échéance. L'affaire avait ensuite été renvoyée au 2 novembre à la demande du ministère public.
Considérant cette chronologie comme une irrégularité justifiant la remise en liberté de son client, Me Serikpa Aka a sollicité l'application des dispositions légales invoquées. Le ministère public n'a pas opposé d'objection particulière à la requête et s'en est remis à la sagesse du tribunal.
Le juge a finalement décidé de réserver sa réponse. La demande de mise en liberté sera examinée lors du délibéré fixé au 9 novembre 2026. Présent à l'audience avec des béquilles et des attelles aux jambes, Blaise Lasm devra donc patienter avant de connaître l'issue de cette démarche judiciaire.
Le dossier de Dahi Nestor a, pour sa part, été renvoyé au 16 novembre 2026. Deux échéances distinctes attendent ainsi les prévenus dans une affaire dont la suite dépend désormais, en partie, de l'appréciation du tribunal sur la régularité de la procédure.
Estelle Mintanie
