
La balle est désormais dans le camp des opérateurs économiques ivoiriens. C’est, en substance, le message porté par le Médiateur de la République, Gaoussou Touré, à l’occasion de la célébration du 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.
Réuni mardi 29 septembre 2026 à la résidence de l’ambassadeur de Chine à Cocody, le responsable ivoirien a invité les entreprises et les exportateurs du pays à mieux exploiter les possibilités offertes par l’ouverture du marché chinois aux produits africains.
Depuis le 1er mai 2026, Pékin applique en effet un traitement tarifaire « zéro taxe » aux importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels la Chine entretient des relations diplomatiques. Une décision que Gaoussou Touré considère comme une occasion pour la Côte d’Ivoire d’accroître ses ventes vers le marché chinois.
Mais pour lui, l’existence de cette facilité douanière ne suffira pas. Les opérateurs ivoiriens devront surtout être capables d’identifier ce que recherchent les consommateurs chinois et d’adapter leur offre en conséquence.
« La Chine a fait sa part. Ce qu’il y a à faire maintenant, c’est vraiment la Côte d’Ivoire qui doit s’inspirer du modèle chinois pour identifier les besoins du marché chinois par rapport aux produits que nous avons », a-t-il déclaré.
Le Médiateur de la République estime ainsi que cette ouverture doit être envisagée comme un levier pour diversifier les exportations ivoiriennes et contribuer à améliorer la balance commerciale avec la Chine.
Les chiffres montrent déjà l’importance de ce partenaire pour l’économie ivoirienne. Selon l’ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire, Wu Jie, les échanges commerciaux de marchandises entre les deux pays ont atteint 7,42 milliards de dollars en 2025, en progression de 46,9 % par rapport à 2024.
La Chine conserve ainsi, pour la huitième année consécutive, sa position de premier partenaire commercial bilatéral de la Côte d’Ivoire, selon les données communiquées par le diplomate.
La nouvelle politique tarifaire chinoise pourrait donc ouvrir davantage de possibilités aux entreprises ivoiriennes. Encore faut-il que celles-ci disposent de produits adaptés aux exigences du marché, de capacités de production suffisantes et d’une stratégie commerciale permettant de répondre à la demande.
Pour Gaoussou Touré, l’enjeu est précisément de passer d’une relation commerciale déjà importante à une présence plus forte des produits ivoiriens sur le marché chinois.
L’appel lancé aux opérateurs économiques intervient ainsi dans un contexte où Pékin cherche à renforcer ses échanges avec le continent africain. Pour la Côte d’Ivoire, la question sera désormais de savoir comment transformer cette ouverture tarifaire en opportunités concrètes pour ses exportateurs.
Mathias Zinsou
