
La fluidité des déplacements dans le Grand Abidjan passe par une meilleure coordination entre les différents moyens de transport. C’est autour de cet enjeu que l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), les collectivités territoriales et les représentants de l’État ont engagé des échanges, lundi 19 octobre 2026, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à l’ouverture de la Conférence internationale de la mobilité durable et du climat (CIMDC).
Réunissant notamment les responsables de plusieurs communes du Grand Abidjan, cette table ronde a permis de mettre l’accent sur la nécessité de construire un système de transport dans lequel les différents réseaux fonctionnent de manière complémentaire. L’objectif est de faciliter les déplacements quotidiens des populations, tout en améliorant la sécurité et l’accessibilité des services.
Parmi les personnalités présentes figuraient le ministre Paulin Claude Danho, député-maire d’Attécoubé, l’honorable Adama Bictogo, maire de Yopougon, ainsi que les maires de Marcory et de Koumassi, Aby Raoul et Narcisse Balley. Des représentants des autres communes, des ministères concernés et de la Direction générale de la Décentralisation et du Développement local ont également pris part à cette rencontre.
Pour Demba Diop, président du Conseil stratégique de l’AMUGA, la réussite de cette ambition repose sur une collaboration permanente entre l’État, l’autorité organisatrice des transports et les municipalités. Depuis sa création, l’AMUGA a pour mission d’organiser et de coordonner les différents modes de transport urbains et périurbains dans son périmètre de compétence. Son action vise notamment à assurer une meilleure cohérence entre les infrastructures, les services de transport et les besoins des usagers.
Cette coordination prend tout son sens avec les grands projets engagés dans la capitale économique ivoirienne. Le Bus Rapid Transit (BRT), prévu sur l’axe Yopougon-Bingerville, la ligne 1 du métro d’Abidjan, les gares lagunaires, les chantiers navals et la restructuration du réseau de la Société des transports abidjanais (SOTRA) sont appelés à modifier progressivement les habitudes de déplacement.
Mais la mise en place de ces infrastructures ne suffira pas, à elle seule, à garantir une mobilité efficace. Encore faut-il permettre aux voyageurs de passer facilement d’un mode de transport à un autre. Les dessertes de proximité devront ainsi faciliter l’accès aux stations de métro, aux arrêts du BRT et aux gares lagunaires. L’organisation des pôles d’échanges, la sécurisation des cheminements piétons, l’aménagement des espaces d’embarquement et l’amélioration de l’information destinée aux voyageurs constituent autant de défis à relever.
Les communes sont appelées à jouer un rôle déterminant dans cette organisation, notamment pour adapter les dessertes aux réalités locales et améliorer les conditions d’accès aux réseaux structurants. Cette implication des collectivités doit permettre de rapprocher les grands projets métropolitains des besoins concrets des habitants.
Prenant également la parole, le directeur général de l’AMUGA, Romain Kouakou Kouakou, a salué les investissements de l’État dans le développement des infrastructures routières. Ces réalisations constituent, selon l’orientation défendue lors de la rencontre, un levier important pour accompagner la transformation du système de transport dans le Grand Abidjan.
Au terme de cette première concertation, les participants ont réaffirmé l’importance d’une action concertée entre les institutions publiques et les collectivités territoriales. L’enjeu est désormais de faire en sorte que les différents projets de transport s’articulent efficacement, afin d’offrir aux habitants des déplacements moins contraignants, plus sûrs et compatibles avec les objectifs de mobilité durable.
Mathias Zinsou
